Histoire

« Quand la toile va... »

Du XVIe au XVIIIe siècle, la Bretagne est l'une des premières provinces toilières de France. Les toiles de chanvre qu'elle produit équipe une grande partie des marines européennes, ses toiles de lin sont exportées vers l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et, par elle, l'Amérique.

La manufacture des toiles de bretagne

"Les toiles de Bretagne XVIe-XVIIIe siècle"


Patrimoine

Diversité et richesse

L'intense activité toilière que connaît la Bretagne du XVIe au XVIIIe siècle lui apporte une richesse importante qui transparaît aujourd'hui dans celle, quantitative et qualitative, de son patrimoine.

Enclos paroissial de Guimiliau

"Les enclos paroissaux"

Cette activité toilière a des conséquences importantes sur le plan économique (prospérité), démographique (augmentation de la population) et artistique (maisons de marchands, enclos paroissiaux, etc.).

Si le lin et le chanvre sont cultivés un peu partout dans la province, certaines régions se spécialisent dans la production toilière. Les graines de lin importées par les ports sont plantées dans les sols fertiles de la côte Nord et du bassin de Rennes. Le tissage est réalisé par des paysans-tisserands et constitue une activité de complément. Enfin les toiles finies sont exportées par les ports. Ainsi c'est toute la Bretagne qui est concernée par cette activité.

Commerce mondial

Du XVIe au XIXe siècle, cette activité toilière place la Bretagne au coeur d'un vaste système d'échange planétaire. Les graines de lin sont importées de Lituanie, via la Baltique et les Flandres, par le port de Roscoff ; les toiles sont exportées vers l'Angleterre et l'Espagne par les ports de Saint-Malo, Morlaix, Landerneau, … De l'Espagne, où sont implantés des marchands français, les toiles de lin et de chanvre gagnent les colonies d'Amérique.

Les voies du commerce

"Les voies du commerce"

 

Pour en savoir plus...

 

Le patrimoine lié au chanvre et au lin peut être classé selon trois catégories. Il s'agit tout d'abord d'un patrimoine lié à la production et au traitement des plantes à fibre, ainsi qu'à la production de toiles : routoirs, maisons buandières (ou « kanndi »), maisons de paysans-tisserands, manufactures, etc. Il s'agit aussi d'un patrimoine lié au commerce des graines et des toiles : maisons de marchands toiliers, hôtels de négociant, halles, etc. Il s'agit enfin d'un patrimoine indirectement lié à cette activité.

Outre une richesse individuelle, l'activité toilière est à l'origine d'un enrichissement collectif par le biais des offrandes faites aux fabriques des paroisses. Cet enrichissement et la concurrence entre paroisses expliquent notamment l'édification d'églises somptueuses et d'enclos paroissiaux dans le Finistère.

C'est à la découverte de ce riche patrimoine que vous invitent les pages suivantes.

Les différents patrimoines :

  • Production & traitement
  • Commerce
  • Religion

Maison de marchand de toile, Saint-Thélo (22)

"Maison de marchand de toile"

 

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