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Les noyales - Patrimoine et histoire sur Lin & Chanvre en Bretagne

Les noyales

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En Bretagne, la culture du chanvre était particulièrement développée dans la région de Vitré — La Guerche-de-Bretagne — Chateaugiron —Noyal-sur-Vilaine. Cette localisation s'explique par des conditions naturelles favorables : climat doux, humidité et sols adaptés.

Canevas et noyales

 

L'origine

Jusqu'à la fin du XVIe siècle, Vitré produit des canevas, toiles de chanvre  tissées dans les paroisses rurales environnantes. Servant à fabriquer des voiles ou à emballer des marchandises exportées, ces toiles sont particulièrement recherchées lors des foires de Bruges, Bergues et Anvers. Les guerres de la Ligue (1589-1598) et les exactions auxquelles elles donnent lieu portent un coup fatal à l'essor du commerce des toiles vitréennes.

La présence du chanvre à Noyal-sur-Vilaine est attestée dès le XIIIe siècle mais les toiles noyales n'y font leur apparition qu'au XVIIe siècle.

Champ de chanvre

La toile noyale

À partir de cette époque, le foyer de tissage se déplace de Vitré vers Rennes et plus particulièrement autour de Noyal-sur-Vilaine et de Châteaugiron. Dès lors les noyales s'affirment comme les concurrentes des olonnes également produites en chanvre à Locronan. Elles servent essentiellement à la fabrication de toiles à voile.

La production des noyales dépasse rapidement le cadre de la paroisse de Noyal-sur-Vilaine et s'étend le long d'une ligne allant de Noyal-sur-Vilaine et Châteaugiron à La Guerche-de-Bretagne.

Le chanvre est cultivé dans des jardins clos proches des maisons, les "courtils", tandis que la transformation se fait dans chaque ferme, dans une pièce, l'"enbas", un apentis, une petite maison, parfois un coin d'étable. La "manufacture rurale" de Noyal-sur-Vilaine recouvre 98 % des villages et hameaux de la paroisse ; il en est de même pour les paroisses voisines. Le filage est une activité féminine tandis que le tissage est pratiqué par les hommes.

Rennes devient le principal marché de cette production rurale.

Reconstitution de toile noyales

"Reconstitution de toile noyales 4 fils de brin, par l'atelier Aux fils de l'Arz." 

 

Développement

En 1751, on dénombre 800 métiers à tisser et tisserands dans les 43 paroisses le long d'une ligne Noyal-sur-Vilaine — La Guerche-de-Bretagne. Cette activité donne donc du travail à plus de 3 000 personnes (fileuses, tisserands) et l'on peut estimer la production de toile à 8 750 pièces par an.

Une manufacture royale de noyales est établie à Rennes en 1750 : elle emploie 200 tisserands et approvisionne les ports de Brest, Lorient et Le Havre.

Une seconde manufacture est crée à Châteaugiron au XIXe siècle : elle compte 76 métiers à tisser et 200 ouvriers en 1830. Le chanvre tissé provient des marchés de Châteaugiron et de Janzé et la toile produite est destinée à la marine militaire et marchande.

Breillage du chanvre

Le commerce des toiles

Les toiles tisées par les paysans des environs de Noyal-sur-Vilaine sont achetées par des marchands ; ils sont peu nombreux dans la paroisse. Châteaugiron en revanche compte une trentaine de marchands au XVIIIe siècle. La vente des toiles se fait soit en plein air lors du marché (Châteaugiron), soit dans une halle (Noyal-sur-Vilaine, Rennes), ou encore dans des magasins de négociants (Rennes). Les toiles acquises par les marchands sont ensuite revendues à des négociants qui les écoulent sur les marchés étrangers : Pays-Bas, Angleterre, Espagne.

 

Apogée et déclin

Au XVIIe siècle, les noyales s'affirment dans les ports français, espagnols, anglais, mais surtout hollandais. Les conflits avec l'Angleterre et les Provinces-Unies ferment ces ports à une production considérée comme un matériel de guerre.

Au siècle suivant seul subsiste le débouché espagnol mais il se réduit à partir de 1779 et la modification des droits de douanes, puis encore un peu plus lors des campagnes de l'Empire au début du XIXe siècle. La guerre d'Amérique (1778-1783) permet toutefois aux noyales d'atteindre leur apogée en approvisionnant les navires de la flotte royale.

Le développement de l'industrie mécanique dans les années 1840 sonne le glas de cette industrie rurale qui reste à l'écart du progrès technique. De plus la Marine, principal débouché, accorde désormais sa préférence à des toiles de chanvre tissées mécaniquement. Enfin l'apparition de navires à vapeur conduit peu à peu à l'abandon des toiles à voiles.